Une nouvelle recherche indique que le Canada prend du retard sur la façon dont il collecte et partage des informations essentielles sur les villes

Deux des plus grands experts en politique urbaine du pays affirment que le Canada prend du retard sur le reste du monde dans sa capacité pour les décideurs d'accéder à l'information sur les villes canadiennes, un appel qui est devenu encore plus urgent face au COVID-19.

Dans un rapport récemment publié par l'Institut urbain du Canada, Gabriel Eidelman, directeur du Urban Policy Lab de la Munk School of Global Affairs and Public Policy de l'Université de Toronto, et Neil Bradford, président de science politique au Huron University College de Western, soutiennent que le Canada doit créer une nouvelle entité nationale qui héberge les meilleures données quantitatives et qualitatives disponibles sur les villes, ce qu'il appelle un observatoire canadien de la politique urbaine.

L'observatoire, s'il est développé, permettrait aux décideurs de comparer facilement les données et les approches politiques dans les villes canadiennes et d'adopter rapidement des solutions qui fonctionnent déjà dans diverses régions du pays, affirment les deux dans le rapport, ce qu'ils disent est essentiel alors que les villes se tournent vers COVID -19 récupération.

«Alors que les gouvernements fédéral et provinciaux se tournent vers les cadres politiques post-COVID, ils doivent apprendre des expériences de première ligne des villes de partout au pays», disent Eidelman et Bradford. «Le moment est venu de rassembler toutes les données disponibles que nous avons sur les villes, tous les différents cadres de politique urbaine essayés dans différentes juridictions, en un seul endroit afin que les décideurs puissent avoir une image complète de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas dans tout le pays. "

L'ONU-Habitat et l'OCDE ont récemment appelé tous les pays à mettre en œuvre une «politique urbaine nationale» qu'ils qualifient d '«instrument essentiel» pour atteindre les objectifs de développement durable.

Mais la réalité est que le Canada n'a pas de politique urbaine nationale ou d'entité «guichet unique» que Bradford et Eidelman réclament, contrairement à de nombreux autres pays dans le monde.

«Nous avons besoin d'une plate-forme coordonnée et complète qui permette à un décideur de politiques urbaines, par exemple à Surrey, en Colombie-Britannique, de trouver facilement des données et des approches stratégiques essayées à St. John's, à Terre-Neuve», affirment les chercheurs. «Sans quelque chose comme un observatoire de la politique urbaine, nous volons à l'aveugle.»

L'observatoire, proposent les deux chercheurs, ferait en partie un dépositaire, un agrégateur, un centre d'échange et un courtier en connaissances, et collecterait, normaliserait, analyserait et publierait des données qualitatives et quantitatives sur les villes canadiennes et, surtout, les systèmes politiques et les cadres stratégiques qui régissent leur.

Plus important encore, l'observatoire servirait de pierre angulaire pour un dialogue intergouvernemental plus large sur les priorités urbaines, portant les défis locaux à l'attention des gouvernements de niveau supérieur et mettant en évidence les possibilités de résolution commune des problèmes.

«Le COVID-19 a montré que les personnes travaillant au niveau local sont le puits de la connaissance, avec des preuves inestimables qui soutiennent des interventions et des politiques appropriées», a déclaré Mary W. Rowe, PDG de l'Institut urbain canadien, l'organisation nationale à but non lucratif qui le rapport. «Pour soutenir ces efforts, nous devons nous assurer que les décideurs et les dirigeants communautaires ont accès en temps opportun aux informations nécessaires pour guider nos villes à travers cette crise et se préparer au relèvement et au renouveau.»